
« Vous avez 4 heures » comme on pourrait l’entendre dans une certaine épreuve de fin d’année au lycée … L’apparence semble souvent importante pour essayer de se faire une idée d’une personne, mais fait-elle toute son identité, toutes ses origines depuis plusieurs générations, définit-elle toujours sa culture, sa langue, ses pensées, ses préférences, ses croyances ?
En réponse et en complément à l’article « Cafrine or not Cafrine », je me permets d’essayer de développer légèrement ce sujet, qui, si on n’y prend garde peut mener vers quelques idées extrêmes.
Doit-on se contenter de définir une personne par sa couleur de peau, la structure de ses cheveux, la forme de ses yeux, sa façon de parler, ses croyances, sa manière de s’habiller … ? Caf, yab, malbar, chinois, zarab, zoreil ont tous quelques caractéristiques physiques qui pourraient nous laisser la possibilité de les caser chacun dans une catégorie mais heureusement ce n’est pas aussi simple.

En effet, comment pourrait-on définir une personne à la peau blanche (yab ?), aux cheveux crépus (caf ?), aux yeux effilés (chinois ?), causant un créole bien tassé (pas zoreil) et allant faire une marche sur le feu 1 fois l’an (malbar ?) ? (si si ça existe)
On se rend compte très vite que se limiter à la seule apparence physique restreint énormément notre richesse ethnique : nos ancêtres, notre histoire notre culture, notre langue, notre mode de vie, notre cuisine … mais c’est tellement plus simple de caser pour peut être se définir une identité (?) afin de mettre en avant la fierté d’appartenir à une communauté dont les caractéristiques (ou plutôt clichés) nous donneraient plus de valeurs ou de reconnaissance (?), au lieu de mettre en avant un brassage vigoureux et vivace de tout ça !
Nou lé un vré l’amayage i sorte dan’ tout’ péi déor …
Ces caractères physiques qui s’expriment dans chaque personne nous viennent de nos ancêtres, proches ou lointains dans le temps mais aussi géographiquement. Bien au delà de la simple couleur de peau, on hérite également de la forme du nez, des oreilles, de la couleur des yeux, de la forme du menton, de la fossette au menton (à la Kirk Douglas), de la calvitie, du type de barbe, de la morphologie du corps, des hanches, des cuisses, des mains, des doigts, des dents, mais aussi des prédispositions aux maladies, à certaines aptitudes physiques, et bien d’autres encore qui se retrouvent en nous et font ce que nous sommes aujourd’hui. Mais certains de ces gènes de notre héritage chromosomique ne s’expriment pas même s’ils sont bien présents. Mais ce n’est pas pour autant qu’on devrait ignorer leur présence en se plaçant dans une case bien (trop) définie. Les ignorer c’est un peu ignorer nos ancêtres, leur histoire, notre histoire, notre identité génétique.
Oté ma n’oré bien aimé gayne zié blé mon pépé !

Si notre arrière grand mère était chinoise mais qu’aujourd’hui nous n’en avons aucun trait physique, est ce pour autant qu’on peut affirmer qu’on n’a rien de chinois en nous, ce qui serait faux. A contrario, si on a des traits physiques très caractéristiques, peut on affirmer avec conviction qu’on est un « pure souche », comme certains aiment à l’affirmer (terme qui ne veut rien dire je précise). Sachant que nous avons tous des gènes récessifs qui ne s’expriment pas. Un gène qui ne s’exprime pas peut être le gène « yeux vert » par exemple, qu’on aurait en nous mais on a des yeux noirs. La « magie » de la génétique peut faire que nos enfants ou petits enfant naissent avec des yeux verts sans qu’aucun des 2 parents n’aient cette caractéristique.
Nous sommes bien plus que ce que nous voyons : une simple couleur de peau, un type de cheveux, une forme typique des yeux etc. tout ce que nous ne faisons que voir au final. Evidemment on n’a pas sous le coude chacun nos génotypes (la définition de tous nos gènes) afin de connaitre exactement qui étaient nos ancêtres et de qui, de quoi nous héritons exactement. Mais nous savons, du moins nous devrions savoir que nous ne sommes pas limités qu’à une couleur de peau, nous sommes bien plus que ça, alors essayons de ne pas nous nous enfermer dans des touts petits casiers limités et quelquefois bien trop hermétiques aux autres qui ne nous ressemblent pas forcément.
La vidéo ci-dessous illustre très bien le fait que ce que nous voyons en chaque personne n’est qu’une infime partie de ce que nous sommes réellement.